Hausse des prix : une phobie irrationnelle
La peur du changement a beaucoup trouvé ses racines dans les fameuses hausses de prix de l’électricité qui avaient atteint un pic de 70% en 2005 et dont furent victimes certaines entreprises passées à la concurrence. Cette inflation s’explique principalement par la hausse des prix du pétrole, du gaz et du charbon, énergies primaires abondamment utilisées partout dans le monde dans la production d’électricité. Les nouveaux opérateurs s’approvisionnant sur ce marché haussier des énergies, ils ont donc été contraints d’augmenter leurs tarifs. Or EDF – principal fournisseur d’électricité en France pour les opérateur alternatifs – a une production d’électricité très majoritairement nucléaire. Peu concernée par la hausse du prix des énergies fossiles l’opérateur historique n’en a pourtant pas moins aligné ses prix de vente sur ceux du marché libre.
Malgré ce tour de force – permettant à EDF de couper un bras à la concurrence et d’augmenter en même temps ses marges sur le marché libre – l’augmentation n’a concerné, à l’époque – et encore aujourd’hui –, que 500 entreprises très consommatrices en électricité (principalement les « électro-intensifs »). Les 200 000 autres entreprises qui ont choisi depuis 2004 de signer chez les nouveaux opérateurs n’ont jamais cessé de bénéficier, quant à elles, de tarifs plus intéressants que ceux du domaine réglementé. Bien que très facile à prouver, peu d’observateurs se sont donnés la peine de soulever l’argument. D’autant que la fameuse inflation des tarifs d’approvisionnement des électro-intensifs, corrigée des économies générées avant les hausses, se situe en vérité plus près des 20-25% aujourd’hui.